L'athlétisme, une des plus anciennes pratiques sportives, passionne aujourd'hui comme il y a plus de 2000 ans un public qui suit dans une ambiance pathétique et des mises en scène grandioses les exploits des «dieux du stade».
L'Antiquité
A l'origine, l'athlétisme était uniquement destiné
à développer les qualités physiques des guerriers.
Vers 1500 av. JC, les Grecs commencent à organiser des compétitions
dans une perspective plus pacifique. Cette orientation n'est pas nouvelle;
en effet, sur des bas-reliefs égyptiens datant de 3500 ans av. JC
figurent des silhouettes d'hommes s'adonnant à la course à
pied. Mais c'est la civilisation grecque qui donna sa réelle dimension
à la «religion athlétique». Des jeux furent organisés
en l'honneur de certains de leurs dieux. Les plus célèbres
étaient ceux d'Olympie – d'où leur nom de jeux Olympiques
–, associés à Zeus.
L'éducation sportive et athlétique faisait partie intégrante
de la société décrite et chantée par Homère;
elle correspondait à l'une des caractéristiques de l'hellénisme:
l'exaltation de la vie humaine. Ainsi, dans l'Odyssée, il est dit
que l'homme doit «exercer ses pieds et ses mains».
Les premiers espaces de compétition spécialisés
apparurent, comme à Olympie, où, selon la légende,
la piste droite mesurant 192,27 m de long aurait été étalonnée
par la juxtaposition de 600 pieds d'Héraclès, ce qui donna
naissance au stade, unité de mesure par ailleurs assez imprécise.
Les compétitions athlétiques qui se développèrent
à travers toute la Grèce comprenaient des épreuves
de vitesse, de courses longues (7 à 24 stades), de sauts, de lancers
(disque et javelot). Ces fêtes sportives et religieuses, qui rassemblaient
une communauté grecque souvent très divisée, prirent
une grande importance.
La renaissance du XIXe siècle
L'athlétisme moderne apparaît au XIXe siècle avec
l'organisation des courses de pedestrians dans les universités anglaises
d'Oxford et de Cambridge. Mais c'est au célèbre collège
de Rugby (qui a donné naissance au sport du même nom) qu'est
organisée, en 1837, la première course à pied: la
crick run, réservée aux élèves de plus de 17
ans. Cette compétition gagne rapidement les autres collèges,
comme Eton, puis les universités. Ainsi, Cambridge, bientôt
imité par Oxford, organise ses championnats d'athlétisme
en 1857. Suit, en 1866, la création de la Fédération
anglaise d'athlétisme, qui deviendra en 1880 l'Amateur Athletic
Association. Aux États Unis, le New York Athletic Club est fondé
en 1868. En France, le Racing Club et le Stade Français apparaissent
en 1883, tandis que les premiers championnats de France sont organisés
à la Croix-Catelan, en 1888.
Mais l'élan capital donné à l'athlétisme
se situe en 1896 avec la rénovation des jeux Olympiques à
l'initiative du baron Pierre de Coubertin. L'histoire de l'athlétisme
moderne devient alors en effet inséparable de celle de l'olympisme.
Une organisation mondiale
La Fédération internationale d'athlétisme amateur
(International Amateur Athletic Federation, ou IAAF), créée
en 1912 à Stockholm, compte plus de 150 pays membres. Elle a codifié
ce sport, à l'échelle mondiale, en fixant des règles
très strictes pour l'organisation des compétitions, afin
de garantir leur régularité, mais aussi l'authenticité
des performances. L'IAAF a également établi un vaste programme
de développement en créant de grandes compétitions
comme la Coupe du monde, les championnats du monde (les premiers en 1983,
à Helsinki) selon un rythme quadriennal. Elle a favorisé
également la pratique hivernale de l'athlétisme avec l'instauration
d'un championnat du monde en salle et d'un championnat du monde de cross
country.
En 1999, la recrudescence des infractions au règlement sportif,
notamment les nombreux cas de dopages découverts (Tour de France
cycliste, jeux Olympiques, jeux panaméricains) a encouragé
l'IAAF à multiplier les contrôles pour protéger la
santé des athlètes et garantir la valeur des performances.
Ainsi, les sportifs convaincus de dopage ont parfois été
privés de leurs médailles et frappés de suspension.
Les disciplines athlétiques
En athlétisme, quelle que soit la discipline pratiquée,
la réussite n'est jamais le fruit du hasard. Elle s'acquiert – ou,
plutôt, se conquiert – au prix d'une longue patience, celle des nombreuses
heures d'entraînement nécessaires pour progresser, pour repousser
sans cesse ses limites. On peut distinguer plusieurs grandes disciplines
comme les courses, les sauts, les lancers ainsi que les épreuves
dites «combinées» et la marche.
Les épreuves combinées Les athlètes
complets, capables de bien se comporter en sprint, demi-fond, courses de
haies, sauts et lancers, optent pour les épreuves combinées
: le décathlon pour les messieurs et l'heptathlon pour les dames
(qui a remplacé le pentathlon depuis 1990), qui se déroulent
en deux jours. Le décathlon comporte, dans l'ordre, le 100 m, le
saut en longueur, le lancer du poids, le saut en hauteur, le 400 m, le
110 m haies, le lancer du disque, le saut à la perche, le javelot.
Il s'achève par la dixième épreuve, le 1500 m. Chaque
épreuve est cotée selon une table internationale, et le vainqueur
est celui qui totalise le plus de points. Le Britannique Daley Thompson,
champion olympique à Moscou en 1980 et à Los Angeles en 1984,
a porté le record à 8847 points. L'Américain D. O
Brien améliora ce record en 1992 avec un total de 8891 points. En
1999, le Tchèque Tomas Dvorak a établi un nouveau record
du monde en totalisant 8994 points. Les femmes disputent un heptathlon
(sept épreuves), dans l'ordre: 100 m haies, saut en hauteur, poids,
200 m, saut en longueur, javelot, 800 m. Le record est détenu par
Joyner (7128 points, 1987).
La marche Cette discipline est définie comme un
déplacement qui se fait pas à pas, le plus rapidement possible
et obligatoirement toujours en contact d'appui au sol. Tout temps de suspension,
normal en course, disqualifie le marcheur. Le déplacement est coulé
et souple, les hanches ondulent, les bras accompagnent le tempo. Les épreuves
classiques sont chez les hommes le 20 km (record détenu depuis 1994
par le Mexicain B. Segura avec un temps de 1 h 17 min 25 s 5) et le 50
km (record détenu depuis 1994 par le Français Piller en 3
h 41 min 28 s 2), chez les dames le 5 km et le 10 km.